Redirection !

Hello, Serpico a déménagé ici ! 

A tout de suite…. :)

Ghinzu - High Voltage Queen

Le titre du jour : Ghinzu “High Voltage Queen”

Devenu l’un des étandards du rock belge, avec comme grands frères les magiciens de dEUS, Ghinzu, enmmené par le sulfureux et étonnant John Stargasm, sont actuellement en phase de mixage de leur prochain album, le successeur de Mirror Mirror.

"High Voltage Queen" figure sur l’album précédent, Blow (2004), où tension altene avec pop et rock sombre. Ce titre est l’une des petites merveilles du disque, avec “Blow” notamment, éponyme du titre de l’album.

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Dawn, à l’aube d’une belle carrière.

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Elle s’appelle Aurore Imbert mais a choisi Dawn comme nom d’artiste. Dawn comme l’aube, Dawn comme un moment difficile qui transformerait le « o » en « a ».

Cette jeune parisienne avait d’abord décidé de faire du cinéma, mais s’est tournée vers la musique suite à une rencontre, puis une déchirure sentimentale. On ne sait pas ce qu’elle aurait donné devant la caméra, mais on sait ce qu’elle donne sur scène, pour l’avoir vue présenter ses titres à l’International (Paris) en février 2013, chansons qui feront partie d’un premier EP à paraître début 2014.

Mais elle fait quoi comme musique, Dawn ?

Inclassable ? Evidemment. Entre Emilie Simon, Daughter, PJ Harvey et elle-même (bah oui), Dawn propose une pop (on va dire ça pour être sûr de ne pas se tromper) aux aspects rugueux et doux à la fois. En attestent les titres de l’EP, écoutables ici. Tout commence par « Lady On Earth » (avec sa mélodie d’intro aux claviers plus ou moins consciemment empruntée au « Cerfs Volants » de Benjamin Biolay ?), ritournelle pop entremêlée d’harmonies oniriques et planantes, soutenues par un tempo que quelques musiciens de Bristol (suivez mon regard…) n’auraient pas rechigné à utiliser. D’ailleurs, Dawn a également repris le « Tear Drop » de Massive Attack, avec Ours, autre animal beau et étrange de cette nouvelle scène française.

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« So Much » et « Chocolate Cake » et leur aspect martial lorgnent plus du côté d’un rock tendu et sensuel, tandis que « You Are » a tout d’un single pop en puissance, avec son riff entêtant. Produit chez Microbe (Paris) et dans le studio de Denis Barthe (le batteur de Noir Désir) dans les Landes, ce premier EP dévoile une artiste en devenir qui a du coffre, un univers et une couleur musicale aux contours joliment flous. Devant cette belle surprise, on en oublierait presque son accent anglais un poil scolaire. Mais Dawn est jeune, Dawn a le temps. Prenons-le avec elle. C’est un conseil…

Dawn – premier EP à paraître début 2014. Concert : mardi 1er octobre aux 3 Baudets (Paris 18ème). Dates suivantes sur son site internet

The Spinto Band - Oh Mandy

Le titre du jour : The Spinto Band - “Oh Mandy”.

C’est un peu le retour de l’été en ce début d’automne, alors quoi de mieux qu’un titre de pop presque parfait ? “Oh Mandy”, des Américains de The Spinto Band figure sur Nice And Nicely Done, album paru en 2005.

La voix haute perchée de Nick Krill et ces gimmicks enfantins, naïfs et solaires confèrent au tout une belle respiration pop. Un titre qui donne envie de boire du rosé au soleil avec ses amis, voire de bouger ses fesses sur la terrasse.

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Bertrand Cantat : « Droit dans le soleil » le 30 septembre, Horizons le 18 novembre.

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  • Dernière minute : prévu le 25 novembre par le label Barclay, celui-ci avance la sortie d’Horizons au 18 novembre. La raison ? Le hasard (malheureux) du calendrier fait que le 25 novembre est la Journée internationale contre les violences faites aux femmes. “Afin de ne pas alimenter de polémiques et pour rester dans un cadre strictement musical, Olivier Caillart (le directeur général de Barclay) a décidé d’avancer la date de sortie de l’album Horizons de Détroit au 18 novembre 2013”, indique le communiqué de presse envoyé par Barclay, qui n’avait pas fait attention…

Détroit, tel est le nom du nouveau projet de l’ex Noir Désir, passé par là où l’on sait depuis dix ans. Entre attente impatiente des nombreux fans et déchaînement de violence inconsidérée de la part de gens vraiment-pas-d’accord-du-tout, les deux parties de l’ « affaire Cantat » s’entendront-elles sur la musique ? Faut pas rêver, quoi que…

On les entend déjà, les âmes nobles crier au scandale du retour de la Bête sous les feux des projecteurs… Serpico les conspue déjà, ces mêmes détracteurs qui n’ont pas lâché Bertrand Cantat depuis sa sortie de prison (après une peine purgée dans les règles). Les seules personnes ayant droit à une irrationalité affective concernant l’ex leader de Noir Désir, jugé responsable de la mort de Marie Trintignant en 2003 à Vilnius, sont ses proches : parents, enfants, frères et sœurs… Parce que la douleur dans la peau, dans la chair, dans le sang, donne ce droit à la haine à vie. Elle ne se juge pas, et impose l’indulgence.

Cependant, que les autres bien-pensants (les plus “hardcore”, et il y en a) aillent au Diable : Bertrand Cantat est un artiste. Un artiste doit faire de l’art. Et c’est exactement ce qu’il fait avec décence depuis que la justice a décidé de le remettre en liberté (ne le jugeant pas ou plus dangereux, donc) et que son guitariste de toujours, Serge Teyssot-Gay, a pour des raisons qui le regardent et sur lesquelles on ne reviendra pas ici, décidé de dissoudre définitivement le Noir Désir qui animait les Bordelais depuis plus de vingt-cinq ans. C’était fin 2010.

Détroit, Horizons…

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts pour Bertrand Cantat : des collaborations censées être discrètes (mais relayées à gogo par les médias) avec des groupes comme Shaka Ponk, Eiffel ou encore Amadou et Mariam, entre autres apparitions annulées au Festival d’Avignon, ont jalonné la vie de l’artiste. Un autre drame, le suicide de la maman des enfants du chanteur de Noir Désir, est venu en rajouter une couche (épaisse) sur la tartine de merde qui semble coller à la peau du musicien et chanteur. Une avocate putassière dont on taira le nom ici aurait même pour but (sans l’aval des parents de Kristina Rady, qui, noblement, se désolidarisent de cette action) de qualifier ce suicide en « suicide forcé » et de poursuivre Cantat en justice. La bêtise humaine n’a pas de limites. Passons pour les réactions épidermiques et idiotes. Crachons sur ces « profiteurs de guerre »… Bertrand Cantat revient aux affaires. 

"Le questionnement est excellent dans une créativité. Jusqu’à un certain point. Jusqu’à ce que le questionnement soit paralysant. C’est-à-dire que la spontanéité n’est pas évidente à trouver par rapport à l’évidence et la bêtise du commentaire à venir", Bertrand Cantat (dans Libération)

Et c’est sous le nom de Détroit (pas la ville américaine dévastée non, mais le bras de mer entre deux terres) que l’ex leader du plus grand groupe de rock français revient ce 30 septembre. Détroit est un projet initié avec son ami Pascal Humbert, bassiste et ancien collaborateur de Noir Désir, accessoirement membre de Passion Fodder et 16 Horsepower. Ce 30 septembre sortira un premier single, « Droit dans le soleil », qui sera extrait de l’album baptisé Horizons, à paraître le 25 18 novembre prochain.

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Qui du contenu de cet album de Détroit ? On en sait peu. Très peu. Olivier Caillart, le directeur général de Barclay (Universal) a distillé des informations au compte-goutte lors d’un passage sur Europe 1. Seules certitudes : le single « Droit dans le soleil » a été coécrit par Bertrand Cantat et le metteur en scène Wajdi Mouawad, durant un séjour au Liban. La tonalité de la musique de Détroit aura-t-elle des accointances liées aux musiques du monde ? Possible, vu l’ouverture musicale de Cantat. Mais pas certain, si l’on considère que le chanteur évoquait, dans une interview accordée à un journal du Sud-Ouest il y a quelques mois, ses appétences rock et chanson française, essentiellement. Autre indice : Pascal Humbert jouera de la contrebasse sur ce premier titre, tandis que Bertrand Cantat poussera la chansonnette, évidemment, tout en jouant de la guitare. Voilà pour les faits.

"Bertrand Cantat y évoque ses années de prison sur un titre, mais ne fait aucune allusion au drame de Vilnius", Olivier Caillart (Barclay)

Pour la musique à proprement parler, il faudra attendre le 25 18 novembre prochain pour avoir une idée précise de la nouvelle carrière de celui dont la première partie de la vie s’est arrêtée un soir de 2003 à Vilnius. Horizons est actuellement en cours de mixage et devrait comprendre  dix chansons.

« Certains textes de ses chansons sont inspirés de son expérience personnelle et de sa vie », indique Olivier Caillart. « Bertrand Cantat y évoque ses années de prison sur un titre, mais ne fait aucune allusion au drame de Vilnius », précise le patron du label. Les détracteurs sans relâche ne pourront donc pas taxer Bertrand Cantat d’indécence exhibitionniste. Mais alors… puisque la Bête doit mourir, lui reprocheront-ils l’oubli ? Il y a fort à parier que oui. Cantat, lui, fera profil bas. Et s’engagera dans son Détroit, contre vents et marées.

Kings Of Leon : c’est fini le rodéo…

« On dirait les Strokes, mais qui votent républicain », pourrait-dire l’auditeur lambda.

 « Use Somebody » et « Sex On Fire » ont vite fait de transformer le groupe de rock américain en bulldozer, en machine à vendre du disque, à une période où plus personne n’en vend. Pourquoi ?

Raison 1 : l’Américain du Middle West (Kings Of Leon a été élevé au grand air, entre l’Oklahoma et le Tennessee) qui aime le rock retrouve non seulement du Lynyrd Skynyrd qui le rassure, mais aussi du Strokes, qui l’extrait de son milieu naturel, où l’occupation principale le week-end est d’aller au Mall ou au rodéo avec les enfants (Mechanical Bull, CQFD)

Raison 2 : la bande des frères Followill est un bon groupe de rock, tout simplement. Et comme il y a parfois une justice en ce bas Monde, et bien ils vendent des camions entier de disques.

Encore plus prosaïquement, Kings Of Leon a su insuffler une énergie particulière dans sa musique, dès le premier album, en 2003. Le rock à papa de ces petits jeunes de Nashville avait suffisamment de fraîcheur et d’audace pour séduire aussi bien le hypster new-yorkais (puis celui de Montreuil, le succès aidant) que le papa de l’Oklahoma, justement. Trois ans après le succès phénoménal de Come Around Sundown, et quelques mois seulement après la detox nécessaire et apparemment salvatrice de Caleb Followill, Kings Of Leon repose les bases de son rock (trop ?) solide sur ce Mechanical Bull, toujours produit par Angelo Petraglia, déjà responsable du son parfait du précédent opus.

Première impression : le disque ne casse pas trois pattes à un canard. Il faut attendre le Counting-Crowsesque « Temple », cinquième plage de cet album qui peine à s’imposer, pour ressentir une émotion musicale, une douceur dans l’oreille et dans le ventre. Des titres comme « Family Tree » ou « Supersoaker » (le premier single) trempent bien trop dans le « classic rock » pour émoustiller, sauf si vous êtes fan de… classic rock, évidemment. Les Kings Of Leon passés par les Alcooliques Anonymes savent tout de même encore écrire des chansons, parfois. On retiendra, en plus de « Temple », la véloce « Coming Back Again », ou le touchant « Work On Me », qui convoquent le meilleur du répertoire des Kings Of Leon, repensé, retravaillé au goût du jour. Au bout du disque point tout de même l’idée que le meilleur du groupe est maintenant derrière lui, et que le taureau du rodéo, tué sans pité sur l’autel du succès il y a quelques années, est remplacé par ce taureau mécanique efficace, mais sans âme.

Kings Of Leon et son rock de bon aloi, un tantinet redneck et sec, ennuie et déçoit ici, malgré les bonnes intentions et l’honneteté artistique qui suintent. Oui, Kings Of Leon donne toujours envie de louer un cabriolet à Chicago et de se colleter la Road 66 avec un ami, en direction des étendues sèches du Nevada et des plages californiennes, mais il y a fort à parier qu’à mi-chemin, vous changiez de disque.

Le lundi, c’est le jour des sorties. Ce 23 septembre 2013, on pourra notamment se régaler avec le nouveau Jesu, s’apaiser avec Au Revoir Simone, se trémousser en prenant un air intelligent avec Lost, du Danois très en vogue Trentemøller, se perdre entre passé et futur avec Mazzy Star, ou encore assister au déclin de l’Empire Américain avec Kings Of Leon, qui revient avec un Mechanical Bull relativement raté…

Mais en fait, de quel droit je vous parle de musique, moi ?

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« Plus on s’y connaît en musique, moins on est capable d’en dire quelque chose de valable », nous dit ce bon vieux Patrick Süskind…

Entre plusieurs papiers (2784 signes, espaces compris) à rédiger afin de donner son avis à l’écrit sur quelque chose de musical, le rédacteur lambda (moi) peut parfois en venir à se questionner sur le bien-fondé de son travail, de son envie, de son besoin. Imaginez un peu… Vous lancez un disque dans la platine, ou un MP3 sur votre ordi/téléphone/tablette, et là, vous savez qu’il en découlera des mots, car c’est votre métier. Comment les notes, la rythmique, le son, se transforment en émotions (fortes, faibles, violentes, douces, contradictoires) puis en exercice rédactionnel, et enfin en avis, soi-disant éclairé ?

C’est bien beau de vouloir parler de musique, de prétendre en extraire les émotions auditives par le truchement (oui, « truchement », Serpico en connait, des mots) de l’écriture… Encore faut-il savoir quoi dire ? A qui le dire ? Et surtout, pourquoi le dire ? Avez-vous déjà lu une critique de disque avant d’écouter ledit disque ? Votre avis, que vous le vouliez ou non, sera biaisé, tout du moins lors des premières écoutes… Si je vous dis par exemple que l’album d’MGMT est une sombre daube (voir la critique) alors que vous aimez MGMT, vous allez soit me détester d’avance, de dire n’importe quoi, soit me… détester a posteriori de vous asséner une vérité décevante en pleine poire. Le lecteur ne se pliera pas à la critique engendrant la déception : il haïra avec un grand H, encore plus fort que le critique. Il critiquera le critique. La boucle sera bouclée. Merci au revoir. Terminé.

Le critique musical a le mauvais rôle, toujours. (mais il n’a pas le droit de s’en plaindre…)

« T’es qui toi, pour critiquer ? », dit le lecteur lambda. Le journaliste (carte de presse n°101101, sur preuve, scannable en MP) rétorquera que sa culture musicale l’a amené à, si ce n’est à comprendre (doit-on comprendre la musique ??), tout du moins à appréhender celle-ci, à en déceler les aspects et notions d’un point de vue qualitatifs. Références passées accumulées, sensibilité (on est sensible à la musique ou on ne l’est pas, ne me contredisez pas là-dessus ou je vous taxe de mauvaise foi… et ça va chier) capacité d’analyse de la forme, et du fond : ces choses-là existent, paraissent présomptueuses, arrogantes mais elles existent vraiment. Bref, je n’y peux rien si je suis un génie. (LOL, PTDR, t’as un 06 ?)

Bref, « T’es qui toi, pour critiquer ? », dit le lecteur lambda. « Je suis le mec qui écoute de la musique 7 heures par jour depuis 30 ans, et qui a lu des biographies d’artistes, des interviews à n’en plus finir, des critiques de mes « mentor » dans Rock & Folk, Best, Les Inrocks, Télé 7 Jours, Picsou Magazine et autres publications internet plus ou moins respectables), donc oui mon vieux, arrogant personnage qui s’empresse de m’affubler de sa propre frustration : je suis celui qui peut t’en parler, en toute modestie, mais avec aisance, de la musique ». Comme je suis magnanime, tu as cependant le droit, parfois même le devoir, de ne pas être d’accord avec moi. Mais alors il va falloir argumenter…

Non seulement Serpico connait la musique, mais en plus il sait faire des recherches sur Google.

  • « La bonne musique ne se trompe pas et va droit au fond de l’âme chercher le chagrin qui nous dévore… », pour reprendre Stendhal.
  • « La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu’encadrer ce silence ».  - Miles Davis
  • « La vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil ».  - Friedrich Nietzsche

 

L'actu musique mal rasée...

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